La parole à… M. Bouteille, sous-préfet, président des instances du FIPHFP en Guyane

 

 

Pouvez-vous vous présenter, et nous indiquer quelle est la place du sujet de l’emploi des personnes handicapées dans votre parcours ?

 

Je suis sous-préfet aux communes de l'intérieur de la Guyane depuis septembre 2018. 

 

Ce poste est particulièrement tourné vers la lutte contre les discriminations à l'embauche de toute nature. Dans les communes de l'intérieur de la Guyane, les référentiels du handicap nécessitent une adaptation pour prendre en compte la spécificité culturelle de ce territoire singulier. 

 

J'ai également assuré pendant 8 mois la préfiguration de la direction générale de l'administration dans le cadre de la nouvelle organisation des services de l'Etat en Guyane.

 

Dans le cadre de ces fonctions j'avais en charge la gestion des ressources humaines d'un périmètre de 1000 agents.

 

Vous êtes référent handicap pour la Préfecture, pouvez-vous nous partager une expérience marquante pour vous dans le cadre de cette fonction ?

 

La préfecture de Guyane a fait le choix de nommer un référent handicap pour suivre et coordonner les actions concrètes participant au changement de regard sur le handicap.

 

Dans ce cadre, le préfet de Guyane a choisi d'impliquer les services de l'Etat dans l'organisation du DuoDay depuis 2019. 

 

L'organisation de ces deux éditions au sein des services de l'Etat m'a permis de participer à une séance de préparation à l'entretien professionnel de personnes handicapées, puis de partager une journée avec un binôme du DuoDay.

 

Ce que je retiens surtout, c'est la motivation et la force de caractère des personnes que j'ai rencontrées lors de ces évènements.

 

Vous présidez aujourd’hui le comité de pilotage du Handi-Pacte : quels sont pour vous les défis à relever en Guyane pour l’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique ?

 

Le défi le plus prenant dans la fonction publique est le recensement des personnes handicapées. Au sein des services de l'Etat, seuls 18 personnes sur 1000 agents, sont reconnus en qualité de travailleurs handicapés, et ce sont 30 personnes en tout qui bénéficient de l'obligation d'emploi.

 

L'amélioration de cette situation passera par une meilleure informations sur les différents handicaps, et un changement de regard sur le handicap.

 

La nouvelle organisation des services de l'Etat a permis la création depuis le 1er janvier 2020 d'un service dédié aux conditions de travail et aux relations sociales pour tout le périmètre Fonction publique de l'Etat.

 

Le recensement du handicap est un axe fort de son action et de ses objectifs puisque c'est un sujet d'amélioration des conditions de travail, et d'adaptation du poste de travail des agents concernés.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux employeurs publics de Guyane sur la thématique du handicap ?

 

L'amélioration du recensement du handicap au sein de nos administrations représente un sujet de bien-être au travail pour tous les agents.

 

C'est également un enjeu fort d'inclusion. En Guyane plus qu'ailleurs, nous cultivons la diversité et avons vocation à être exemplaires sur ce sujet.